Bulles et gaz à ci et gaz à là Imprimer Email
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Écrit par Alain Blancard   
Notre pays a des qualités inhé-rentes exceptionnelles qui sont louables et dans cette vaine, ancré dans sa «culture» propre, brille le bénévolat. En revanche notre pays n’est pas épargné par le fléau à la mode. L’argent, au sens figuré, par opposition à l’argent et à l’or physiques, cette poussière invisible qui fait vivre et qui ne fait pas le bonheur paraît-il, qui déroute en ce moment les esprits des plus grands experts et embrouille les autres, serait en extinction comme le Dodo. La monnaie a été de tout temps,  une quantité fictive, une abstraction totale, mais de tout temps, il a fallu en avoir.
Nombreux, dans les pays riches et très riches, sont ceux qui en avaient et qui n’en ont plus. Cette sorte de manque qui dégénère bien vite en carence plus les mois passent… et Noël approche… provoque, dans les pays riches, dans lesquels cet argent s’est soudainement évaporé sans même avoir jamais réellement existé, des comportements étonnants qui passent par le suicide et une escalade de la violence. Chez nous, heureusement, les bénévoles par petits  millions – nous ne sommes pas surpeuplés ici - s’affairent à trouver des solutions pour nous sortir de l’ornière à l’échelle de notre communauté globale intérieure à multiples facettes, notre mosaïque de traditions importées, notre vitrail éclairé de jour vers le dedans et de nuit vers le dehors.
Pour s’inspirer, nos bénévoles regardent ailleurs et, en même temps, observent nos dirigeants devenus généreux tout d’un coup en faisant du denier du peuple utopique une sorte de manne  flottante, porteuse de bonnes nouvelles en lançant des bulles au peuple.
Les nouvelles bulles sont dou-ces à mourir: il y a les bulles de l’impôt sur les revenus qui reviennent sur terre. Nous espérons tous qu’elles n’éclateront pas prématurément sinon avec quoi paie-rons nous nos impôts?
Il y a les bulles bancaires,  chatoyantes, opaques et pleines de surprises. Il n’y a pas bien longtemps, elles transportaient dans leur diamètre enveloppé, des intérêts qui montaient  vers le ciel et qui ont éclaté dans le silence pour  trouer nos bourses. Les nouvelles bulles bancaires sont plus clémentes dans l’ensemble… Petits intérêts!  Pauvres banques! Que deviendraient-elle sans nous, nos impôts et nos gouvernements compatissants qui les comprennent mieux que nous.  Ne parlons pas des bulles qui abritent les intérêts sur nos cartes de crédit car celles là sont restées  à l’ère de Mathusalem, une époque qui précède les bulles!
Il y a des bulles automobiles, cassées et reconstruites utilisant les mêmes pièces de rechanges. Oh! La bulle de l’immobilier. Elle aurait pu avoir été de verre celle-là tant ses échardes sont tranchantes après sa déflagration sonore et brutale partout dans le monde, à Bagdad, à Kaboul, à Londres à Kelowna. La pierre n’a même plus court.
En revanche,  savez-vous quel est le conseil judicieux qui court? Achetez si vous pouvez… La bulle des toits reviendra dès que le monde aura reprit son souffle.
Mais oui, les bulles se suivent et ne se ressemblent pas. Elles éclatent, se reforment, plus ou moins transparentes, montent, tombent, renaissent toujours plus séduisantes avec des traits d’arc-en ciel. Les bulles sont gaies dans l’ensemble sauf évidemment, les bulles qui font l’exception qui confirment la règle: bulles de gaz à charbon, les bulles de gaz à l’acide phosphorique qui servent «d’écran» dans des conflits militaires dévastateurs et qui empoisonnent fatalement des innocents, les bulles de gaz à l’eau contaminée qui bouillonnent dans des régions appauvries délibérément par des micro-puissances agissant par délégation, les gaz  à double sens…
Ces bulles à gaz à mort n’ont rien à voir avec des bulles de savons ni les bulles intelligentes que manient les caricaturistes croustillants comme ceux d’un certain Canard Enchaîné. Curieusement, plus les bulles sont atroces, gaz à ci ou gaz à là, plus elles font mousser l’industrie des bonbonnes explosives !
Nous citoyens, bons sujets du royaume,  nous adonnons volontiers, dans notre ère glissante et savonneuse, au jeu des bulles en espérant les leurs plus joueuses, plus sures que celles du passé et surtout celles qui mènent droit au  gaz à mort.
Il faut encourager de toutes nos forces nos bénévoles comme le faisaient dans l’histoire les croyants qui recevaient les bulles du Pape dont l’objectif principal et l’ambition surtout était de modifier le cours des choses dans le monde entier.
Dépensez! Vous n’avez rien dites vous… Dépenser quand même et tout redeviendra comme avant. Ici au moins nous auront peut être, pour un temps, trouvé la bonne bulle pour nous égayer: une bulle de neige aux ailes olympiques. Comme nous avons de la chance d’avoir fait cette trouvaille et invitons le monde à venir chez nous. Ca va coûter cher, dites vous, cette bulle-là! Mais qu’importe puisque l’argent n’existe plus et que l’argent lui-même n’est après tout qu’une bulle qui n’a rien de métallique ni de lourd.
Bénévoles, mettons-nous à la tâche et bullons tant qu’ailleurs gaz à vivant, il y aura! Ainsi de bulles à oreilles nous oeuvrerons à faire cesser peut-être les carnages pendant que la terre fera quelques tours vers des jours meilleurs.

 

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