Universalisme et espoir Imprimer Email
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Écrit par Alain Blancard   
«Des lors que notre gouvernement est sensibilisé par une problématique quelconque, nous saisissons et mobilisons dans les plus brefs délais les ressources et les moyens nécessaires et disponibles pour apporter des solutions qui protégent et avantagent notre peuple... et nous agissons.»
Voila un assemblage de mots intelligents que nous entendons tous les jours et dans toutes les langues. Cette déclaration passe-partout nous tombe dessus, comme ça, plusieurs fois par jour, sans même que nous ayons besoin d’aller la chercher. Elle m’est apparue de façon significative, plus aigre encore que d’habitude, au coeur d’un documentaire poignant sur la condition plus qu’inhumaine de la femme dans un pays africain dans lequel «chacun de ses citoyens a le droit de se défendre devant un tribunal» alors que les femmes sont perdantes d’avance.
En effet, inscrit dans la loi de ce pays: le fait pour une femme d’être enceinte exprime l’aboutissement d’un acte sexuel consentant. Une femme violée n’a aucune défense aux yeux de la loi lorsqu’elle est enceinte et se retrouvera injustement condamnée et vouée à une vie détruite.
Pour mon lexique personnel, j’ai associé la déclaration en question, offerte en réponse à une pratique barbare, une expression presque convaincante des vendeurs peu scrupuleux de voitures d’occasions. Leur affirmation médiocre tient lieu de traduction simplifié avec autant de sous-entendus: «Ce véhicule est parfait à tout point de vue. En revanche, si vous trouvez ce qui ne va pas, nous ferons les réparations qui s’imposent avant de vous le livrer...»
On aurait pu croire vous et moi, que ces formules un peu ringardes n’auraient plus d’effets dans un monde où l’accès facile à des outils de communications aura soulevé le voile sur bien des mystères et dans lequel la connaissance générale des uns par rapport aux autres est déjà quasiment quantifiable. Il y a encore espoir, heureusement que de telles sincérités bafouées s’évaporeront lorsque le progrès rassemblera toutes les races dans une sorte de clan humain interdépendant sans souci du plus petit ou du plus grand.
Les signes précurseurs de cet espoir qui raisonne maintenant comme un idéal impossible mais utopique, sont là, palpables. Dans la perspective que tout évolue et se transforme - il n’est pas lieu d’aller bien loin pour en être convaincu - la dépendance des peuples à l’énergie de l’argent qui achète tout, s’estompe et les règles les plus élémentaires de l’économie tels que gravées par les érudits des derniers siècles s’effondrent dans l’abîme des erreurs. Ces règles matérialistes, devenues édits, qui s’appuient sur le principe du commerce, de l’offre et de la demande, passent complètement à côté de l’essentiel. Cet essentiel est d’ailleurs brutalement révélé dans la pensée émergente qui beaucoup plus qu’à aucun autre moment, s’associe à la science: il faut manger pour vivre et non vivre pour manger!
De même qu’une chemise sale doit passer par le traitement choc et la violence d’une lessive pour retrouver sa blancheur et contribuer à la dignité de celui qui la porte, l’évolution des hommes en marche vers la restauration de l’équilibre planétaire passera aussi par des catastrophes devant lesquelles la race entière sera impuissante. Pour que la terre retrouve de sa richesse il faut la mettre aux jachères!
De grands débats s’organisent de par le monde. L’on entend avec intelligence s’exprimer des têtes lumineuses de plus en plus instruites et inspirées qui démontrent que la solidarité des peuples apporte une richesse qui ne nécessite pas de déclarations vides. Au contraire, cette solidarité permet d’aborder l’avenir avec des plans qui visent un vrai retour aux sources. Leur discours n’ébranle pas les acquis de liberté, ils ne soutiennent aucun abandon. Au contraire, ils déplorent les abus, les illusions et encouragent l’action avec des mots qui ont une même signification dans toutes les langues. Sans être moralistes, ils ne se cachent pas pour antagoniser les défenseurs de pratiques contre-nature et dégradantes qui prônent dans le même élan que les valeurs se redéfinissent.
Monsieur André Heymans (L’Universalisme ou la philosophie de l’espoir) expose en 2006 une thèse qui marque un tournant dans la pensée. L’énergie, qui est à l’origine de l’univers est à la fois matérielle et immatérielle. Heymans expose des perspectives encourageantes pour une Terre heureuse. Pour lui, l’univers invite l’homme à développer sa créativité. L’homme libéré acquiert sa pleine dignité et le bonheur. Son cheminement philosophique ne manque pas de controverse et rien ne nous oblige d’adopter ses idées. Il engage le débat et nous pouvons nous en inspirer.
La vie a tout lieu d’être belle pour tout le monde.
 

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